Tout savoir sur la diversification alimentaire

diversification alimentaire

Sommaire

  • Qu'est-ce que la diversification alimentaire ?

  • Vue d'ensemble : les 5 grandes étapes de la diversification (0 à 3 ans)

  • Quand commencer la diversification alimentaire ?

  • Diversification classique ou DME ? Les deux approches possibles

  • Les grands principes à respecter, quel que soit l'âge

  • Que faire en cas de refus ou de blocage ?

  • Passer aux morceaux : l'étape suivante

Qu'est-ce que la diversification alimentaire ?

Progressivement, on va proposer au jeune enfant autre chose que du lait : principalement des légumes et des fruits pour commencer. Il s'agit d'un moment extraordinaire : il découvre un univers plein de saveurs, de goûts, de couleurs et d'odeurs !

Vue d'ensemble : les 5 grandes étapes de la diversification (0 à 3 ans)

Âge Ce qui change Guide détaillé
0-4 mois Le lait est l'unique aliment. Le lait maternel est l'idéal ; jusqu'à 6 mois, il couvre tous les besoins nutritionnels du bébé. Voir le guide 0-4 mois
4-6 mois Début de la diversification. Introduction des légumes puis des fruits, 500 à 800 ml de lait par jour, ajout possible de céréales infantiles 1er âge dans le biberon. Voir le guide 4-6 mois
7-8 mois Introduction de la viande, du poisson et des œufs (aliments à risque allergène à surveiller), des yaourts et fromages blancs classiques, ainsi que de la pomme de terre. Voir le guide 7-8 mois
9-11 mois Introduction progressive des petits morceaux, de nouveaux féculents (pâtes, riz, semoule), légumes à environ 300g/jour. Le lait ne change pas avant 12 mois. Voir le guide 9-11 mois
12-36 mois Passage au lait de croissance, introduction du fromage, des crudités, des légumineuses et du pain, de plus en plus de morceaux. Voir le guide 12-36 mois

Quand commencer la diversification alimentaire ?

Les dernières recommandations officielles du PNNS (Plan National Nutrition Santé - mis à jour en juin 2019) recommandent de commencer la diversification alimentaire entre 4 mois révolus et 6 mois.

Pourquoi commencer entre 4 et 6 mois ?

  • Avant 4 mois, le système digestif n'est pas suffisamment mature.
  • C'est à cette période qu'un enfant commence à tenir sa tête.
  • Après 6 mois, le lait maternel ou infantile ne suffit plus à couvrir tous ses besoins nutritionnels.
  • Pour réduire les risques d'allergies, il est recommandé d'introduire un maximum d'aliments entre 4 et 8 mois.

On parle de mois « révolus », c'est-à-dire de ne pas commencer avant la fin du 4ème mois (= 4ème bougie) et pas après la fin du 6ème mois. Le plus tôt n'est pas nécessairement le mieux ; le plus important est de respecter le rythme de chaque jeune enfant. La diversification peut commencer à 4, 5, ou 6 mois. À chacun de voir en consultant l'avis de son pédiatre, qui est le mieux placé pour dire quand l'enfant est prêt.

On passe d'une oralité primaire (succion, déglutition, ventilation et tétée — la phase orale réflexe) à une oralité secondaire (mastication, déglutition, ventilation et cuillère — la phase orale secondaire).

Pourquoi l'OMS préconise-t-elle de débuter à 6 mois ?

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préconise aux pays en voie de développement de débuter la diversification alimentaire à partir de 6 mois, afin de lutter contre les infections et virus tels que la GEA (gastroentérite aiguë), dans lesquels l'allaitement est fondamental pour lutter contre la dénutrition.

En revanche, l'ESPGHAN (European Society for Paediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition) recommande 4 à 6 mois.

Diversification classique ou DME ? Les deux approches possibles

Il existe deux grandes façons d'aborder la diversification :

  • La diversification classique (décrite dans cet article) : on propose des purées et compotes à la cuillère, avec des textures qui s'épaississent progressivement.
  • La DME (Diversification Menée par l'Enfant) : l'enfant est encouragé à manger seul dès le début, sans passer par les purées à texture lisse. Les aliments sont présentés sous une forme qu'il peut saisir avec ses mains et porter à sa bouche, ce qui favorise son autonomie et sa motricité fine. Cette méthode ne démarre pas avant 6 mois, et suppose que l'enfant tienne assis sans que sa tête ne penche en avant et soit capable de saisir des objets pour les porter à sa bouche. La présence du parent est obligatoire pendant le repas, pour rester vigilant face au risque d'étouffement.

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Les grands principes à respecter, quel que soit l'âge

Le lait reste la principale source d'alimentation et couvre l'ensemble des besoins nutritionnels jusqu'aux 6 mois de l'enfant.

Pour commencer, on fait goûter un légume à la fois, avec un nouveau légume tous les 2 jours (puis idem avec les fruits). Il n'est pas nécessaire d'éviter les goûts forts, surtout les légumes riches en fibres fermentescibles. L'homme a une appétence naturelle pour le sucre : c'est le goût que l'on trouve sur le bout de la langue, le glucose étant le substrat de notre cerveau.

On attend 2 jours entre chaque aliment pour laisser le temps à l'enfant de s'habituer à chaque nouveau goût et pour détecter d'éventuelles allergies alimentaires. Si l'enfant présente un terrain allergène (une personne de sa famille est allergique à un aliment), il faut en parler au pédiatre ou au médecin généraliste avant de lui en proposer.

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Trucs et astuces pour une diversification réussie

  • Commencer avec 1 ou 2 cuillères à café de légumes ou fruits mixés, proposés directement à la petite cuillère.
  • Proposer les aliments un à un, sans les imposer.
  • Varier un maximum les fruits et légumes proposés ; la « cartographie gustative » de l'enfant se fait dès ces premières expériences. Plus un enfant mange de fruits et légumes différents pendant ses premiers mois de vie, plus il a de chances de les apprécier en grandissant.
  • Adapter les quantités aux envies de l'enfant, sans le forcer. Chaque enfant a son propre rythme ! On ne le force pas à finir : il peut refuser un aliment un jour et l'accepter le lendemain. Ne pas hésiter à le proposer jusqu'à 10 fois.
  • Préparer des purées ou compotes, en pensant à laver, rincer, éplucher si nécessaire et bien faire cuire les légumes et les fruits.
  • Faire du repas — autant que possible — un moment de plaisir et de découverte pour toute la famille, en s'asseyant à côté de l'enfant, en l'encourageant et en lui expliquant ce qu'il s'apprête à manger. Ces premières cuillères comptent déjà dans l'éducation du goût de l'enfant.

→ En savoir plus : Le goût alimentaire, fruit d'un apprentissage comme un autre

Quelles quantités ?

Au tout début de la diversification, un bébé ne prend que de très petites quantités : entre 1 et 5 toutes petites cuillères en moyenne. Il ne faut surtout pas le forcer ; il découvre tranquillement. Au bout de 2 mois, on peut proposer environ 130 grammes par jour de purée de légumes et 100 grammes de compote de fruits.

« Le lait reste encore la principale source d’alimentation et couvre l’ensemble des besoins nutritionnels jusqu’aux 6 mois de l’enfant. »
— Sandrine Catto - diététicienne nutritionniste à l'Hopital Robert Debré

Quoi d'autre à part les fruits et légumes ?

  • Éviter le sel et le sucre.
  • Rajouter une cuillère à café de matières grasses (huiles végétales ou noix de beurre pasteurisé) dès les premières purées : elles sont excellentes pour le développement du cerveau et couvrent 50% des besoins énergétiques de l'enfant.
  • Optionnel : on peut proposer des céréales infantiles premier âge dès 4 mois.

Que faire en cas de refus ou de blocage ?

Une solution alternative est de remplacer une quantité d'eau du biberon de lait par de la purée de légumes ou compote de fruits (par exemple : au lieu d'un biberon de 100 mL avec 90 mL d'eau et 3 mesures de lait, on met 60 mL d'eau, 3 mesures de lait + 30 g de fruits ou légumes), ou alors de donner la compote au doigt ou sur les lèvres. C'est une solution à court terme, car elle ne permet pas d'apprendre une nouvelle praxie avec la cuillère.

Mais pas de panique, il n'y a pas d'urgence ! S'il refuse, on peut repousser et lui donner une cuillère en attendant, pour jouer, afin qu'il commence à s'habituer.

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Passer aux morceaux : l'étape suivante

Après les fruits et légumes, on enchaîne avec les VPO (viande, poisson, œuf) et les produits laitiers, pour tout avoir introduit avant 8 mois.

Selon les recommandations de l'ANSES, le passage aux structures non lisses (purées granuleuses puis petits morceaux fondants de 1 à 1,5 cm) devrait se faire à partir de 8 mois et pas après 10 mois. Quelques signes montrent que l'enfant est prêt : il maintient sa tête et son dos droits dans sa chaise, avale les purées lisses et épaisses sans problème, réalise des mouvements de mâchonnement, est capable de tenir un aliment dans sa main et de le porter à sa bouche, et se montre intéressé par le repas.

Lire l'article complet sur le passage aux morceaux

Pour aller plus loin, notre formation nutrition vous donne les clés pour accompagner et réussir la diversification alimentaire de l'enfant de 0 à 3 ans.

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